Dans le quotidien : une sellerie bourrellerie

Cette semaine, c’est le métier de sellier bourrelier qui est mis à l’honneur. Une professionnelle que vous connaissez peut-être a répondu à mes questions. Je vous laisse la découvrir au travers de l’interview qui suit.

Présentez-vous en quelques lignes
Je m’appelle Laetitia Lauwerie et j’ai 26 ans. La passion du cheval est venue simplement, ma mère est une cavalière et m’a donc redonné le virus. Il y a toujours eu des chevaux à la maison (chevaux de trait et chevaux de selle, des jeunes chevaux et des retraités). Sellier bourrelier depuis octobre 2012, située en Haute-Marne (52) dans un petit village, j’ai décidé d’y monter ma sellerie. Passionnée par mon métier, je propose divers articles, beaucoup pour les chevaux, mais aussi nos amis les chiens ainsi que de la petite maroquinerie, le tout fait entièrement à la main.

Pouvez-vous me décrire le métier de sellier bourrelier ?
Sellier bourrelier est un métier d’artisan, très manuel, et où il faut aimer ce que l’on fait.

Quel est votre parcours professionnel ? Qu’est ce qui vous a amené à exercer ce métier ?
Mon envie d’être bourrelière a été très vite (cela c’est décidée en une journée) je suis très manuelle, j’aime créer et faire passer ma passion de mon métier dans toutes mes fabrications. En 2011, j’ai passé un CCP (certificat de capacité professionnel) sur 3 mois et demi, ce qui m’a permis d’apprendre les bases du cuir, choisir des peaux, etc. En 2012, je suis partie en formation complémentaire sur 3 semaines, sur la fabrication de la selle anglaise, afin de savoir intervenir sur une selle en cas de réparation.

Pouvez-vous me décrire une de vos journées type à l’atelier ?
J’arrive à l’atelier à 8h30, regarde mon cahiers de commande et j’attaque la fabrication. Je déplie mon cuir, taille les bandes nécessaires, puis je les travaille  en passant l’abat-card qui est un outil qui permet de ‘couper’ les angles du cuir (en photo à droite), puis je travaille les tranches du cuir pour ne plus avoir cette effet pelucheux, et je les teinte. Je prépare les boucles nécessaires à la commande, puis commence à coudre et à assembler. je m’arrête vers 12h puis reprends entre 13/14h pour finir vers 19h30 le soir.

Quels matériels, équipements ou technologies utilisez-vous ?
Je n’utilise que du cuir pour les fabrications, pas de nylon ou biothane à l’atelier. Mes coutures sont faites au fil de lin et la bouclerie est soit du laiton ou de l’inox ( qui ne rouille pas ), tout est cousu main, à l’aide de la pince de bourrelier, pas de machine… A l’aide d’une alène losange, qui permet de percer le cuir pour y passer la couture à 2 aiguilles.                                             

Quelle formation ou diplôme est nécessaire pour accéder au métier ?
Pour s’installer à son compte, en 2012, seul le CCP était nécessaire, mais il me semble que maintenant il faut le CAP obligatoirement. Mon CCP a été passé dans l’est de la France sur 3 mois et demi en 2011, puis en 2012, une formation complémentaire en Haute-Savoie, chez un sellier, sur 3 semaines, pour savoir travailler sur les selles anglaises.

Quelles sont les compétences requises ?
Il faut avoir de la rigueur, être à l’écoute de ses clients, savoir s’adapter aux besoins de chacun, être patient.

Quelles sont les avantages de votre métier ?
L’avantage de ce métier est déjà qu’il se passe en intérieur, on peut rester bien au chaud dans son atelier et l’avantage d’un métier rural, ce qui m’a permis de ne pas m’installer en ville, mais dans mon petit village de 60 habitants.

Quelles sont les contraintes, les risques et les inconvénients?

Les contraintes? mal de dos.. On est toujours dans une même position, pour coudre, un peu courber sur notre siège. Il y a également le risque de travailler avec des outils coupants comme un couteau demi-lune pour parer le cuir  (exemple en photo ci-contre) , pointus tel que les alènes pour percer le cuir et nous ne sommes pas à l’abri d’une opération du canal carpien dans les années à venir, nos mains travaillent énormément. Il ne faut pas avoir peur de faire des heures supplémentaires dans l’atelier, ça reste qu’un métier d’artisan où les heures ne peuvent toutes être comptées.

Comment les gérez-vous ?
Pour le mal de dos, je bouge souvent, ne reste pas toujours en position assise, je change ma façon de travailler.

 Que proposez-vous comme produits ? Quel type de cuirs utilisez-vous ?
Je propose des produits tel que des filets, side-pull, licols, mixte de randonnée, …. mais aussi, harnais, colliers et laisses pour des chiens, ainsi que de la petite maroquinerie comme bracelets, colliers, bourses, sacs, ceintures, porte-clés. Tout est entièrement en cuir. Le plus épais, qui sert pour les bases de la fabrication est du demi dosset de tannage végétale force 4/4.5, nourrit +/-30% acheté dans une tannerie en Belgique. Pour ce qui est des doublures et tressages, le cuir fin est soit de la chèvre ou du veau, tannage végétale également, acheté dans le sud de la France.

Quelles sont vos perspectives d’évolution ?
J’aimerais proposer, plus tard des selles avec mon logo SBL, en faire du sur mesure, à la demande du client et les assortir au filet.

Laetitia (sa page facebook ici) à eu la gentillesse de nous donner un bon de réduction de 10% sur ses créations, pour notre concours !

Venez participer sur notre page facebook : Chevaletmoi


Coralie

2 thoughts on “Dans le quotidien : une sellerie bourrellerie

  1. Super cet article ! Très intéressant en tout cas, car c’est vrai que la selle est un « instrument » que l’on utilise couramment, mais on ne sait pas grand chose de ceux qui la fabriquent !

    1. Merci beaucoup 🙂 je trouve ça aussi essentiel d’en savoir plus sur comment sont fabriqués nos filets et selles que portent nos loulous 🙂

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