Ce matin d’hiver

chevaux en hiver

Mon dimanche matin de cavalière de décembre

Une préparation ensommeillée

Ce matin réveillée naturellement à 8h30, je regarde la météo annoncé sur mon téléphone. Il annonce -3°C avec des averses de pluie et neige mêlées vers 11h. Tant pis, j’ouvre les volets sur un paysage glacé. 15 jours que je ne suis pas montée sur Sirène, 1 semaine que je ne l’ai pas vu, plus qu’une envie c’est un besoin.

Même si j’ai eu envie cette semaine, le froid, la nuit et le brouillard ont eu raison de ma volonté. Je ne me voyais pas chercher Sirène dans son hectare de pré en pente avec ma frontale en ne voyant pas a plus de 4mètres.

J’ai passé une semaine pourrie, entre le boulot et les disputes avec mon amoureux.
J’ai besoin de ce moment rien qu’avec elle.

Vaincre le froid

J’enfile un débardeur, un t-shirt et une polaire. Je suis du genre frileuse, je met aussi le pantalon doublé polaire acheté il y a peu. Je finie avec des chaussettes, ma vieille paire de Converse fétiche, mon manteau qui sent le poney, mon écharpe et le bonnet.
J’ai fait coulé un peu d’eau chaude dans un thermos pour déverrouillé ma vieille voiture avec sa serrure qui gèle et qui ne se déverrouille pas en appuyant sur un bouton. J’ai pensé a prendre une pomme et une clémentine mais ni l’une ni l’autre ne sont pour le petit déjeuner.

J’arrive au club, il n’y a personne, comme tous les dimanches matins, qu’il fasse froid ou pas. Je met en place mes affaires, sur l’aire de pansage et je vais chercher Sirène.
Je longe le chemin de la carrière gelée, après quelques minutes de marche j’aperçoit les chevaux. Ils sont au foin sur le haut du pré, pas loin de l’entrée, tant mieux. Je prend une photo du licol  avec les cristaux de glace et vais chercher ma jument.

Un peu de boulot

Elle sort du pré avec entrain, contente de sortir un peu de l’étendu dans lequel elle passe sa vie. J’ai oublié tout le reste, il n’y a plus qu’elle, le froid et moi.
Elle est sale, cette année elle n’a pas de couverture et ressemble à un mammouth. Après un coup de pansage, de vérification des divers bobo, je selle.
J’ai pensé a prendre mon motion* qui me suis depuis quelques semaines afin de voir notre progression de couple qui travaille seul.
J’enfile ma bombe, je troque mes converses contre mes boots et c’est parti.
J’ai la chance d’avoir un manège, même si il est petit, nous sommes à l’abris du vent et du gel.

Sirène répond merveilleusement bien aux jambes suite aux exercices donnés par le coach lors du dernier cours. Elle se décale avec une simple pression du mollet et avec un petit décalage de mon assiette. On a encore du travail pour qu’on se tienne correctement. Le coach arrive au milieu de ma séance et observe. Il est content et note une belle progression. Sous mes fesses Sirène a plus de rebond, elle monte son garrot, ne plonge plus vers l’avant et commence a se poser tranquillement sur ma main. On a pris seulement 2 cours mais ça nous a fait a toutes les deux un bien fou.

La récompense

Elle a bien travaillé, on part 10min en extérieur, juste parce que ça fait du bien. Même si j’avais le bout du nez complètement froid.
J’enlève le matériel, et lui donne une demi pomme. Je fais les pieds et sort une clémentine. C’est son péché mignon et c’est la première cette année, si elle avait été un chien elle aurait remué la queue en se léchant les babines.
Elle me regarde éplucher la clémentine, je lui donne les épluchures, de toute façon elle les vole si je ne le fais pas. Je lui donne des quartiers, j’en mange un ou deux. Et on retourne au pré, elle part sans un regard en arrière, comme d’habitude quand elle sait que je n’ai plus rien à manger.

Ma jument c’est une solitaire, comme moi, mais à deux on est un couple cheval/cavalier.

Ma jument, mon rempart contre la folie.cavalière cheval

Même si Sirène est une solitaire, c’est mon réconfort quand je suis triste. Vous savez quand vous enfouissez le nez dans la crinière, que vous reniflez l’encolure et que d’un coup ça vous apaise. Sirène c’est mon univers simple, mon monde de bonheur qui me permet de traverser le monde réel. Sirène c’est la jument qui absorbe mes émotions, qui m’aide à les comprendre et à aller mieux.
C’est la jument qui ne me laisse pas l’approcher quand je suis énervée, j’ai donc arrêté d’y aller quand je suis en colère.

Sirène c’est ma moitié, mon rempart pour ne pas sombrer dans la folie, dans la dépression, dans le vide.

Sans elle je serais potentiellement enfermée dans un asile, j’aurai péter un plomb.
Sans elle vous n’auriez pas de blog.

Sans elle, je ne serais pas moi.

 

2 thoughts on “Ce matin d’hiver

  1. Je ne peux que te comprendre en ce moment …
    Il n’y a Bien qu’eux pour nous faire sortir de sous notre couette par des températures et des météos pareilles !!

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